Environ huit semaines après le procès contre six membres du groupe d’extrême droite «Junge Tat», le tribunal de district de Zurich a rendu son verdict ce vendredi. Les deux principaux prévenus sont condamnés chacun à douze mois de peine privative de liberté avec sursis. Ils doivent en outre payer des amendes fermes. Le délai d’épreuve est de quatre ans.
Le tribunal reste ainsi en deçà des réquisitions du ministère public: celui-ci avait demandé pour les deux meneurs 15 mois de peine privative de liberté chacun, dont six mois fermes. La défense avait pour sa part demandé des acquittements, en invoquant la liberté d’expression.
Les quatre autres accusés reçoivent également des amendes avec sursis. Les jugements ne sont pas encore définitifs et peuvent faire l’objet d’un recours devant le tribunal supérieur de Zurich.
Au centre de l’affaire: des actions de perturbation hostiles aux personnes queers
La procédure remonte à plusieurs actions menées entre 2022 et 2024. La perturbation d’un culte de la Pride à Zurich en juin 2022 et l’attaque contre une Drag Story Time pour enfants à la Tanzhaus de Zurich quelques mois plus tard ont été particulièrement marquantes pour la communauté queer. Le groupe a perturbé ces événements à l’aide de banderoles, d’actions provocatrices et de tentatives d’intimidation.
Le ministère public a notamment déposé une plainte pour discrimination, incitation à la haine, atteinte à la liberté de croyance et violation de domicile.
Avec le verdict rendu ce jour, un chapitre judiciaire autour des attaques contre des événements queers connaît une conclusion provisoire. Le fait que les deux meneurs n’écopent pas d’une peine privative de liberté ferme devrait faire parler, notamment au vu des événements concernés et du débat sur la protection de la visibilité queer. Reste à voir si les condamnés accepteront le jugement ou feront recours.
Texte: DISPLAY Online.
Traduit de l’allemand – article paru sur display-magazin.ch.
