Le 4 septembre, une procédure contre six membres de la «Junge Tat» a été jugée à Zurich. Au centre: des actions menées entre 2022 et 2024 – dont la perturbation d’un culte de la Pride et d’une «Queer Story Time» pour enfants à la Tanzhaus de Zurich. D’autres accusations portent notamment sur la violation de domicile, la contrainte, l’émeute, les dommages à la propriété et des infractions à l’interdiction de se masquer.
Les deux principaux accusés gardent le silence
Tobias Lingg (23 ans) et Manuel Corchia (25 ans), les deux principaux accusés, ont refusé de s’exprimer devant le tribunal. Les autres prévenus n’ont pas non plus fait de déclarations pendant l’interrogatoire. En dehors de la salle d’audience, des membres du groupuscule ont toutefois continué de commenter le procès.
Une action menée pendant un culte de la Pride en juin 2022 joue un rôle central. Des membres de la «Junge Tat» avaient porté dans l’église une grande croix en bois avec l’inscription «NOPRIDEMONTH». Le Ministère public y voit notamment une discrimination et une atteinte à la liberté de croyance et de culte.
La «Queer Story Time» à la Tanzhaus de Zurich, en octobre 2022, fait elle aussi partie de l’acte d’accusation. Des militants auraient perturbé la manifestation et enregistré, voire diffusé, des conversations non publiques.
15 mois de prison requis
Pour Lingg et Corchia, le Ministère public requiert 15 mois de privation de liberté chacun, dont six mois fermes. Il demande en plus des peines pécuniaires avec sursis et des amendes. Pour les autres prévenus, des peines pécuniaires avec sursis sont requises.
Le Ministère public souligne qu’il ne s’agit pas des convictions politiques des accusés. La liberté d’expression protège les opinions politiques, mais pas tous les moyens employés pour les imposer.
La défense plaide l’acquittement
La défense conteste les accusations les plus lourdes et invoque la liberté d’expression. Pour Corchia, un acquittement complet a été demandé. La défense de Lingg a elle aussi plaidé de larges acquittements et seulement une peine pécuniaire avec sursis pour certains délits mineurs. Les avocats ont en outre insisté sur le fait que les actions avaient été non violentes.
Devant le tribunal, une centaine de personnes ont manifesté contre l’extrême droite. Dans la salle, de nombreux journalistes et spectateurs ont suivi le procès.
Le jugement se fait attendre
Les débats sont clos, mais aucun jugement n’a été communiqué jusqu’ici. On ignore donc comment le tribunal de district de Zurich qualifiera juridiquement ces actions controversées.
Jusqu’à une décision entrée en force, la présomption d’innocence s’applique à tous les prévenus.
Texte: DISPLAY Online.
Traduit de l’allemand – article paru sur display-magazin.ch.
