Une femme trans emmenée par la police hors des bains du Marzili à Berne – la Ville s’excuse

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Panorama von Bern mit Aare, Altstadtdächern, Brücke und Bundeshaus bei blauem Himmel.
In Bern sorgt ein Polizeieinsatz im Marzilibad für Kritik. Die Stadt räumt ein, dass die Wegweisung einer trans Frau falsch war. (Bild: Symbolbild / Carol Jeng, Unsplash)

Dimanche, une intervention policière aux bains du Marzili, à Berne, a suscité des critiques bien au-delà de la ville. Une femme trans se trouvait au «Paradiesli», l’espace naturiste facultatif réservé aux femmes. Plusieurs baigneuses se sont senties dérangées par sa présence, parce qu’elles ne lisaient pas la femme comme féminine en raison de certaines caractéristiques physiques. D’autres visiteuses se sont montrées solidaires avec elle.

La direction de l’établissement a cherché le dialogue avec la femme et l’a priée de quitter l’espace. Selon la Ville, les échanges avec l’équipe de présence et de prévention du service de sécurité n’ont pas non plus permis d’apaiser la situation. En raison de l’ambiance de plus en plus tendue, l’exploitation a finalement opté pour un renvoi prononcé par la police.

Un jour plus tard, la Ville de Berne l’a admis: cette décision était erronée.

La Ville de Berne s’excuse

La Direction de la formation, des affaires sociales et du sport regrette expressément cette décision et présente ses excuses à la personne concernée, a communiqué la Ville. Elle précise: «Toutes les personnes qui s’identifient comme femmes et vivent en tant que telles ont accès à l’espace naturiste facultatif ‹Paradiesli›.»

Le personnel des bains dispose d’un guide interne, élaboré par l’Office des sports en collaboration avec le Service spécialisé pour l’égalité entre les genres. En cas de situation délicate, c’est le sexe officiel inscrit sur la pièce d’identité qui fait foi. Selon la Ville, la personne concernée remplissait les conditions d’accès.

La Ville veut désormais communiquer les règles plus clairement. En plus du guide interne, un guide public doit voir le jour pour expliquer l’accès au «Paradiesli» sur place et en ligne. Le personnel du Marzili doit en outre être formé de manière plus ciblée à la gestion des espaces protégés liés au genre.

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Des versions divergentes de l’intervention policière

Le déroulement exact de l’intervention policière est décrit de manière divergente. L’entourage de la femme concernée parle d’une intervention disproportionnée. Selon SRF et Keystone-ATS, six agent·es de police auraient plaqué la femme au sol en faisant un usage brutal de la force et l’auraient emmenée menottée. Après environ deux heures dans un poste de police, elle aurait passé la nuit dans un hôpital.

La Police cantonale bernoise décrit l’intervention autrement. Elle écrit que la personne concernée aurait refusé, malgré la demande du personnel des bains, de quitter l’espace réservé aux femmes. Lors du contrôle d’identité qui a suivi, plusieurs personnes présentes auraient entravé l’intervention, tandis que la personne concernée se serait activement opposée aux mesures policières. Au cours de l’intervention, une policière aurait été agressée physiquement et légèrement blessée par une personne jusqu’ici inconnue.

La femme a été conduite dans un poste de police pour des clarifications supplémentaires, puis relâchée. Une manifestation de solidarité non autorisée s’est ensuite formée à Berne; selon la police, elle s’est déroulée pacifiquement.

Les organisations faîtières demandent la protection plutôt que l’exclusion

Les organisations faîtières LGBTIQ ont elles aussi réagi vivement à l’incident. Transgender Network Switzerland, l’Organisation suisse des lesbiennes et Pink Cross parlent de gros titres honteux pour la saison de la Pride bernoise.

TGNS demande que les bains publics protègent les personnes trans contre les hostilités et ne soutiennent pas l’exclusion. Pink Cross réclame davantage de formations pour le personnel des bains et la police. De telles situations demanderaient de la compréhension et des égards plutôt que de la confrontation.

Ce cas montre à quelle vitesse des espaces protégés peuvent devenir des espaces d’exclusion lorsque les personnes trans ne sont pas acceptées comme les personnes qu’elles sont. La Ville de Berne a désormais reconnu que la femme avait le droit de se trouver au «Paradiesli». Pour la personne concernée, cette clarification n’est arrivée qu’après une intervention policière.

Traduit de l’allemand – article paru sur display-magazin.ch.

Maurice Müller

Rédacteur en ligne
Magazine DISPLAY

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Publié :

30.06.2026

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