Il y a 25 ans, le premier couple homosexuel faisait enregistrer son partenariat en Suisse – dans le canton de Genève. La loi genevoise, le Pacte civil de solidarité (PACS), rendait l’enregistrement d’un partenariat possible quel que soit le sexe des personnes concernées. En allemand, on parlait alors de «registrierte Partnerschaft» – un terme qui sonnait comme un casier judiciaire, entre registre des condamnations et fichage des homosexuels. D’où l’usage aujourd’hui de «eingetragene Partnerschaft». Ce n’est que maintenant, un quart de siècle plus tard, que le Conseil fédéral met en consultation un projet de loi sur le PACS. Objectif: rendre juridiquement possibles des formes d’union plus ouvertes.
Encouragé par Genève, Zurich a suivi avec la première loi cantonale sur l’enregistrement des partenariats entre personnes de même sexe. En 2005, la loi sur le partenariat était adoptée au niveau national.
Les couples hétérosexuels vivant en concubinage, eux, restaient sur le carreau. C’est précisément ce que le «mini-mariage» aujourd’hui envisagé viendrait changer.


Le chemin vers la reconnaissance légale des partenariats homosexuels a été long.
En 1989, le Danemark introduisait le partenariat enregistré. Les Groupes de travail homosexuels de Suisse (HACH), précurseurs de Pink Cross, ont appelé les autorités suisses à suivre l’exemple danois.
Les années 1990 ont vu se succéder une pétition et des interventions au Parlement. Après quoi le Conseil fédéral a pris tout son temps. Les organisations gaies et lesbiennes, elles, ont maintenu la pression – avec des actions qui ne passaient pas inaperçues. Pas question de laisser le dossier prendre la poussière sur un banc: en allemand, on dit d’une affaire enterrée qu’elle est «auf die lange Bank geschoben», poussée sur le long banc. En 1996, 40 mètres de bancs ont donc été installés sur la Place fédérale à Berne.
En 1998, des militantes et militants se sont rassemblés devant le Palais fédéral, réveils à la main, pour tirer du sommeil le ministre de la Justice Arnold Koller, toujours assoupi sur le dossier.
Il aura fallu attendre la nouvelle ministre de la Justice, Ruth Metzler-Arnold, pour que les choses avancent enfin rapidement, dès 1999.


L’amour, reconnu par l’État
Des informations sur l’histoire des partenariats enregistrés en Suisse sur ▶ schwulengeschichte.ch
Texte: DISPLAY Online.
Traduit de l’allemand – article paru sur display-magazin.ch.
