C’est précisément maintenant, alors que la répression contre la communauté LGBTI+ russe atteint un nouveau sommet, que l’une de ses voix les plus importantes se tait. Le réseau a annoncé via Telegram qu’il mettait fin à toutes ses activités publiques. Pour le Kremlin, c’est une victoire d’étape de plus dans la lutte contre la visibilité queer.
En avril, un tribunal de Saint-Pétersbourg a classé le réseau comme «extrémiste» à la demande du Ministère de la justice – en s’appuyant sur un arrêt de la Cour suprême de 2023 qui déclarait en bloc le «mouvement LGBT international» organisation extrémiste. Depuis, un lien même ténu avec la communauté suffit souvent aux autorités pour engager des poursuites pénales.
Le réseau n’est pas un cas isolé: rien qu’entre mars et mai 2026, au moins neuf organisations queers ont été interdites en Russie selon Human Rights Watch, dont le centre de consultation Vykhod. Le site d’information Parni+ ne travaille lui aussi plus que depuis l’exil.
Poursuivre, expliquent les responsables, mettrait davantage en danger les collaboratrices et collaborateurs, les personnes qui soutiennent le réseau et celles qui cherchent de l’aide. La sécurité des gens passe avant la survie de l’organisation.
Fondé en 2006, le réseau s’était surtout fait connaître par son aide à la fuite des personnes queers de Tchétchénie. Cette histoire s’achève aujourd’hui – dans un pays où la vie queer n’est plus guère possible que dans la clandestinité.
Texte: Andreas Koch.
Traduit de l’allemand – article paru sur display-magazin.ch.
