L’écrivain suisse Beat Sterchi décrit leur parcours avec un regard infaillible pour le quotidien. Rafael Sanchez et Mike Müller adaptent le roman pour l’ouverture du Pfauen et transposent l’exploitation de l’humain, de l’animal et de l’environnement en questions contemporaines de vie en société.
«D’une seconde à l’autre, il avait fait la connaissance de la solitude. Pour la première fois de sa vie, il sut qu’il était petit, étranger et différent.»
Sous le regard méfiant des habitant·e·s du village, maîtrisant à peine l’autre langue, l’Espagnol Ambrosio arrive en Suisse pour travailler dans une ferme.
Le ton est rude, les journées sont longues. Pourtant, entre l’humain et l’animal semble régner un lien profond. Ambrosio s’intègre avec application dans un univers sombre et intime, où les animaux portent des noms et où l’un d’eux impressionne particulièrement: Blösch. La vache meneuse. Belle et forte, capricieuse et têtue, aucune autre ne lui dispute son rang. Cette idylle ambiguë ne dure pas.
Retrouvailles à l’abattoir
Dans les fermes voisines, des trayeuses mécaniques sont déjà utilisées et transforment radicalement l’agriculture et ses processus de production. Sept ans plus tard, Ambrosio et Blösch se retrouvent à l’abattoir. L’écrivain suisse Beat Sterchi décrit leur parcours dans une langue puissante, minutieuse, avec un regard infaillible pour le quotidien. Avec un clin d’œil, il déjoue la romantisation de la vie à la campagne; sans ménagement, il donne à voir le cauchemar de l’abattoir. La brillance littéraire et l’actualité thématique de ce roman paru en 1983 fascinent toujours autant.
Dans ce duo apprécié et éprouvé, Rafael Sanchez et Mike Müller adaptent le texte pour l’ouverture du Pfauen et transposent l’exploitation de l’humain, de l’animal et de l’environnement en questions contemporaines de vie en société.
Schauspielhaus Zürich:
Blösch. D’après le roman de Beat Sterchi.
Adaptation scénique de Mike Müller.
Mise en scène: Rafael Sanchez
Avec (sélection): Alexander Angeletta, Mike Müller, Florian Voigt, Michael Neuenschwander.
Première: 18 septembre 2025
Infos: schauspielhaus.ch
Texte: Beat A. Stephan.
Traduit de l’allemand – article paru sur display-magazin.ch.
