La petite sirène, dans la mise en scène zurichoise avec des drag queens telles que Paprika, Klamydia von Karma ou Tropikahl Ivy, a été un succès surprise. La fantaisie autour des rôles de genre et de l’identité revient maintenant sur la scène du Pfauen. À ne pas manquer !
Sous l’eau, nous voyons les gens flous, les formes se brouillent, les frontières du corps se dissolvent, tout devient fluide. Il se passe la même chose dans le drag, cette forme d’art qui, par des costumes extravagants et du maquillage, dissout les rôles de genre, plonge les identités dans les paillettes et le scintillant, et offre surtout un spectacle à couper le souffle.
Le conte de Hans Christian Andersen montre une transformation tout aussi radicale : une sirène tombe amoureuse d’un humain et veut se débarrasser de sa queue de poisson. Le conte se termine tragiquement. Il reflète peut-être le destin même d’Andersen, qui fut amoureux toute sa vie de son ami d’enfance sans jamais pouvoir vivre cet amour. Et c’est en même temps une histoire aussi vieille que l’humanité elle-même, faite de nymphes, d’ondines et d’esprits des eaux, de métamorphose et de libération du rôle qui nous est assigné.

Texte: DISPLAY Online.
Traduit de l’allemand – article paru sur display-magazin.ch.
