Protéines le matin, vitamine D à midi, collagène le soir. Et peut-être encore du magnésium, parce que TikTok a dit que ça aide à mieux dormir. Ce qui sonnait autrefois comme un rayon de magasin bio trône aujourd’hui à côté de la machine à café.
L’industrie du wellness n’est plus depuis longtemps un sujet de niche. Selon la nouvelle étude «Feelgood Revolution» du Gottlieb Duttweiler Institut, elle a atteint 6,8 billions de dollars US dans le monde en 2024 – davantage que les secteurs de l’informatique, du sport ou du tourisme. Impressionnant. Et un peu absurde, si l’on met en regard cet autre chiffre: plus de la moitié des personnes interrogées se sentent souvent fatiguées.

Pour cette étude, le GDI a examiné comment les habitants de l’espace DACH (Allemagne, Autriche, Suisse) perçoivent l’alimentation, la santé, la beauté et le bien-être. Le résultat n’est pas un conte de fées wellness à la mousse de matcha, mais un joyeux capharnaüm bien familier. Nous faisons beaucoup pour nous-mêmes. Parfois peut-être même trop. Et nous ne sommes pas forcément plus reposés pour autant.
Les hommes, le Botox et la nouvelle pression
L’étude devient particulièrement intéressante dès qu’il est question de beauté. Dans l’espace DACH, les hommes ont dépassé les femmes en matière de Botox: 8% des hommes y ont recours, contre 6% des femmes. L’étude appelle ça le «Brotox» – un mot-valise formé de «Bro» et «Botox», qui décrit plutôt bien ce qui est en train de se passer.
La pression sur les corps masculins n’a rien de nouveau. Dans la communauté gay, encore moins. Elle était simplement emballée différemment: fitness, soins, discipline, bien vieillir, «ne pas se laisser aller». Aujourd’hui, elle a un visage plus net. Ou plutôt un visage qui bouge le moins possible.
30% des personnes interrogées envisageraient une opération esthétique si elle était gratuite et sans risque. Chez les hommes, le visage, les cheveux, le nez et le ventre arrivent en tête. Rien de vraiment surprenant. Il suffit de faire défiler Instagram pour comprendre: le corps n’est plus depuis longtemps un foyer, mais un projet avec des tâches en attente.
Le wellness ne rend pas que plus détendu
L’étude parle du «paradoxe du wellness». L’idée: ce qui est censé nous soulager peut engendrer une nouvelle pression. Mieux manger, mieux dormir, faire assez de pas, boire de l’eau, réduire le temps d’écran, soigner sa peau, garder ses muscles, rester stable mentalement. Pris isolément, tout cela a du sens. Mis bout à bout, ça ressemble vite à un job à côté.
Vous voyez actuellement un contenu de remplacement de Standard. Pour accéder au contenu réel, cliquez sur le bouton ci-dessous. Veuillez noter que cela implique la transmission de données à des fournisseurs tiers.
Débloquer le contenu Plus d’informations
Plus d’un tiers des personnes interrogées se sentent stressées par les attentes liées à une vie saine. Dans le même temps, 44% utilisent des appareils ou des applications de suivi de la santé. La montre sait combien de temps nous avons dormi. L’appli sait si nous avons assez marché. Et quelque part entre les deux, nous ne savons plus très bien nous-mêmes si nous nous sentons mieux ou si nous sommes juste mieux documentés.
Les jeunes sont particulièrement touchés. Chez les 16-24 ans, plus de la moitié sont souvent sous pression du temps. Pas même la moitié des moins de 40 ans est satisfaite de sa propre santé mentale. Et près d’un quart des moins de 25 ans consulte les réseaux sociaux pour des questions de santé – lesquels répondent rarement à une seule question sans, dans la foulée, en soulever un nouveau problème.
Quel type feelgood es-tu?
L’étude répartit les personnes interrogées en quatre types feelgood. Il y a les «Strugglers», qui voient plutôt leur corps comme un chantier. Les «Achievers», qui traitent la santé comme un objectif de performance. Les «Balancers», qui misent davantage sur l’acceptation de soi. Et les «Agnostics», qui s’intéressent le moins possible au sujet – ces derniers comptant une surreprésentation d’hommes.
La plupart d’entre nous devraient s’y retrouver quelque part. Peut-être Achiever le matin, Struggler l’après-midi et Agnostic le soir, chips à la main sur le canapé.
Pour en savoir plus: sur gdi.ch/feelgood un petit quiz sur l’étude est disponible. L’étude elle-même y est accessible gratuitement.
Texte: Maurice Müller.
Traduit de l’allemand – article paru sur display-magazin.ch.
