Le Kazakhstan veut rendre la communauté invisible.
Depuis le 1er janvier 2026, une loi est en vigueur au Kazakhstan, restreignant la diffusion d’informations définies comme faisant la promotion d’une «orientation sexuelle non traditionnelle». Cette réglementation fait officiellement partie d’un paquet législatif plus large sur les archives et la restriction de contenus dits illégaux, mais elle est surtout perçue comme la loi anti-LGBTQ kazakhe.
La loi a été adoptée en 2025 par le Parlement kazakh, signée fin décembre par le président Kassym-Jomart Tokaïev, et est entrée en vigueur immédiatement au début de l’année 2026.
L’homosexualité serait pourtant légale
Les actes homosexuels sont légaux au Kazakhstan depuis les années 1990. Le pays n’en reste pas moins considéré comme socialement conservateur. Dans les années précédant l’adoption de la loi, plusieurs initiatives politiques et pétitions publiques ont réclamé à plusieurs reprises l’interdiction de la «propagande LGBT». Une telle pétition a recueilli en 2024 plus de 50’000 signatures et a été partiellement soutenue par des organes étatiques.
Le président lui-même s’est exprimé de manière critique sur les valeurs morales occidentales, y compris sur les questions LGBTQ. Des organisations internationales, dont des expert*es des Nations Unies, avaient déjà mis en garde au préalable contre d’éventuelles violations des droits humains.
Processus législatif
Le projet de loi a été déposé en octobre 2025 par 15 député*es de plusieurs partis. Il a reçu le soutien de plusieurs ministères ainsi que du cabinet ministériel.
Le 12 novembre 2025, la chambre basse (Majilis) a adopté le projet en deuxième lecture, et le Sénat l’a approuvé le 18 décembre 2025. Le président Tokaïev a signé la loi le 30 décembre 2025.
Lors des débats parlementaires, les partisan·es de la loi ont rejeté les critiques internationales, faisant valoir qu’elle correspondait à la volonté de la population et servait à protéger les enfants.
Contenu central de la loi
La loi modifie plusieurs normes juridiques existantes.
Est interdite la diffusion publique d’informations considérées comme faisant la promotion d’une «orientation sexuelle non traditionnelle» ou de la pédophilie. Cette réglementation concerne notamment:
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les médias classiques et numériques
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les plateformes en ligne et les réseaux sociaux
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la publicité
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les domaines de l’éducation et de la culture
Les relations privées entre personnes de même sexe restent légales, mais la représentation publique, la discussion ou la présentation positive de thématiques LGBTQ sont restreintes. Les infractions sont considérées comme des délits administratifs et peuvent être sanctionnées par des amendes ou une arrestation de courte durée.
Réactions et critiques
De nombreuses organisations internationales de défense des droits humains ont vivement critiqué la loi. Elles ont mis en garde contre la censure des médias, les restrictions de la liberté d’expression ainsi que les risques accrus pour les personnes LGBTQ, en particulier pour les jeunes queers. Des activistes locaux·ales ont également exprimé leur inquiétude quant aux répercussions sur l’éducation, la culture, la publicité et les médias en ligne.
La loi est souvent comparée à des réglementations similaires en Russie et est perçue comme s’inscrivant dans une tendance régionale à la restriction des droits LGBTQ dans l’espace public.
Texte: David Nöthiger.
Traduit de l’allemand – article paru sur display-magazin.ch.
