JK Rowling propose un soutien financier aux femmes qui souhaitent engager des poursuites judiciaires contre des établissements de santé britanniques. Sont visées les institutions qui continuent de permettre aux femmes trans l’accès à certaines toilettes, vestiaires ou services réservés aux femmes.
Le déclencheur de la controverse actuelle est constitué par les nouvelles directives et recommandations de l’Equality and Human Rights Commission (EHRC) britannique sur la gestion des espaces non mixtes. Le débat à ce sujet s’est nettement durci depuis un arrêt de la Cour suprême britannique au printemps. Il s’agit notamment de la question de savoir à quelles conditions des établissements peuvent proposer des espaces réservés exclusivement aux femmes ou aux hommes, tout en garantissant des offres adaptées aux personnes trans.
Un trust du NHS maintient sa pratique
C’est désormais le Midlands Partnership University NHS Foundation Trust, qui appartient au National Health Service (NHS) public, qui suscite de nouvelles discussions. Le groupe hospitalier a annoncé qu’il ne changerait pas sa pratique actuelle dans l’immédiat.
Les personnes trans devraient donc, pour l’instant, continuer à pouvoir utiliser les installations correspondant à leur identité de genre. Le trust a par ailleurs souligné son engagement envers les personnes trans, non binaires et de genre divers.
Cette position a donné à Rowling l’occasion de prendre à nouveau position publiquement.
Sur X, elle a écrit le 8 août:
«Then the lawsuits will keep coming.»
Par le biais de sa fondation, l’autrice propose un soutien financier aux femmes qui souhaitent faire valoir leurs droits en justice dans ce contexte.
Rowling augmente la pression
Le débat mené depuis des années, et toujours aussi controversé, autour de Rowling et de sa position sur les questions trans entre ainsi dans une nouvelle phase. L’autrice s’exprime régulièrement sur le genre, les droits des femmes et les réglementations trans-inclusives, et soutient désormais aussi des organisations et des procédures judiciaires qui défendent ses positions.
Ses soutiens y voient un engagement pour les droits des femmes fondés sur le sexe et la protection des espaces réservés aux femmes. Ses critiques, en revanche, reprochent à Rowling d’utiliser son influence et ses moyens financiers pour accroître encore la pression sociale et politique sur les personnes trans.
Avec le financement annoncé de poursuites judiciaires potentielles, ce conflit prend désormais une dimension juridique supplémentaire.
Qu’est-ce que cela signifie pour les personnes trans?
Pour la communauté queer en Grande-Bretagne, il s’agit depuis longtemps de bien plus que la question de savoir quelles toilettes ou quels vestiaires une personne peut utiliser.
Pour les personnes trans, ce débat touche à quelque chose de très fondamental: avec quelle évidence pourront-elles, à l’avenir, se déplacer dans les hôpitaux et autres établissements publics – et où de nouvelles limites seront-elles tracées?
Cette question est particulièrement sensible, notamment dans le secteur de la santé. Les gens y cherchent de l’aide lorsqu’ils sont malades, blessés ou vulnérables. Dans le même temps, les établissements doivent tenir compte de la vie privée, de la sécurité et des droits des différentes patientes et des différents patients.
Le fait qu’avec JK Rowling, l’une des personnalités les plus connues et les plus fortunées de Grande-Bretagne veuille soutenir d’éventuelles poursuites contre des pratiques trans-inclusives devrait encore attiser le conflit.
Un débat de société devient ainsi, de plus en plus, aussi un débat juridique.
Et son issue pourrait avoir, bien au-delà de simples toilettes, vestiaires ou services hospitaliers, des conséquences sur le quotidien des personnes trans en Grande-Bretagne.
Texte: Andreas Koch.
Traduit de l’allemand – article paru sur display-magazin.ch.
