Un tournant politique au fort pouvoir de signal : le Parlement hongrois a voté le 13 octobre l’abrogation de dispositions centrales hostiles aux LGBTQ+ issues d’une loi de 2021. Le nouveau gouvernement du premier ministre Péter Magyar commence ainsi à démanteler l’héritage controversé de son prédécesseur nationaliste Viktor Orbán.
La loi de l’époque avait été adoptée sous prétexte de protection de l’enfance. Elle limitait la manière dont l’homosexualité et la diversité de genre pouvaient être représentées dans les médias, la publicité et les contenus éducatifs destinés aux mineur·e·s. Les identités queers s’en trouvaient stigmatisées et leur visibilité massivement restreinte.
Avec la modification désormais adoptée, ces interdictions doivent disparaître dans plusieurs domaines juridiques. Plutôt que de restreindre les thématiques LGBTQ+ de manière globale, la protection des mineur·e·s devra désormais cibler les contenus susceptibles de nuire gravement à leur développement physique, mental, émotionnel ou moral. La réforme répond aussi à un arrêt de la Cour de justice européenne, qui avait jugé les restrictions hongroises contraires au droit de l’UE.
Une avancée – mais pas encore l’égalité
Pour la communauté queer, cette décision est un signal important. Elle montre que les lois discriminatoires ne sont pas irréversibles. Il serait toutefois prématuré de parler d’une percée globale : d’autres réglementations discriminatoires subsistent. Elles concernent notamment les restrictions à la reconnaissance juridique de l’identité de genre, au droit d’adoption pour les couples de même sexe et à la liberté de réunion, également pertinente pour les événements de la Pride.
La réforme est donc moins un point final qu’un commencement. Après des années d’exclusion politique, une nouvelle perspective s’ouvre en Hongrie – mais reste à voir si elle débouchera à long terme sur davantage de droits, de sécurité et d’acceptation sociale.
Texte: Andreas Koch.
Traduit de l’allemand – article paru sur display-magazin.ch.
