La présidente du Bundestag Julia Klöckner maintient sa décision de l’année précédente. La polémique n’est donc pas close.
C’était en 2022 que le drapeau arc-en-ciel flottait pour la première fois au-dessus du Reichstag. L’ancienne présidente du Bundestag, Bärbel Bas, l’avait fait hisser pour le CSD de Berlin, y voyant un engagement visible en faveur de la diversité. Trois ans plus tard, cela appartient au passé.
La présidente du Bundestag Julia Klöckner maintient cette année encore sa décision de ne pas montrer le drapeau pour le CSD de Berlin. «J’ai décidé que le drapeau arc-en-ciel serait toujours hissé au Bundestag allemand le 17 mai», a-t-elle déclaré au Tagesspiegel berlinois. Ce jour-là correspond à un événement parlementaire précis : le 17 mai 2002, le Bundestag a décidé la réhabilitation des victimes homosexuelles de la justice nazie. C’est également la Journée internationale contre l’homophobie, la biphobie, l’interphobie et la transphobie. Pour le CSD des 24 et 25 juillet, le drapeau restera en berne.
Le noir-rouge-or comme argument
L’argumentation de Klöckner est la même que l’année précédente : le drapeau fédéral représenterait déjà la liberté, la dignité humaine et l’égalité devant la loi – et donc aussi le droit à l’autodétermination sexuelle. «Il est le toit sous lequel ces droits valent pour tous.» Un drapeau arc-en-ciel ne serait pas nécessaire pour cela.
Klöckner sait que cette logique ne convainc pas tout le monde. L’année dernière, les critiques avaient été massives, y compris dans son propre camp. Le chancelier fédéral Friedrich Merz avait alors publiquement soutenu Klöckner, qualifiant le Bundestag de lieu où l’on ne hisse pas «n’importe quel drapeau» – une déclaration qui lui avait valu davantage de contestation qu’à elle. Rien n’a changé depuis.
S’ajoute à cela une autre restriction : les réseaux queers de l’administration du Bundestag ne peuvent pas participer au CSD en tant que tels. Et les drapeaux arc-en-ciel visibles depuis l’extérieur dans les fenêtres de bureau des député·e·s restent toujours interdits, une règle qui remonte à un règlement intérieur de 2017.
Une autre image devant le Bundesrat
Alors que les mâts du Reichstag restent vides, la présidente du Bundesrat Anke Rehlinger avait fait flotter le drapeau devant le Bundesrat en 2025. Elle n’y voyait aucun problème avec le devoir de neutralité, mais un engagement nécessaire envers les valeurs fondamentales de la démocratie.
La déléguée du gouvernement fédéral pour les questions queer, Sophie Koch, réagit avec pragmatisme à la situation : elle invite les réseaux queers des administrations fédérales, y compris celui de l’administration du Bundestag, à monter sur le char du gouvernement fédéral lors du CSD.
La base juridique n’est pas claire non plus. Un décret du ministère fédéral de l’Intérieur datant de 2022 avait généralement autorisé le pavoisement avec le drapeau arc-en-ciel à des occasions précises. Juste avant la fin du mandat de la ministre de l’Intérieur Nancy Faeser, en avril 2025, cela a été limité à une fois par an. Klöckner exploite systématiquement cette marge de manœuvre.
Le président du CSD de Berlin, Thomas Hoffmann, avait commenté la situation l’année dernière avec simplicité : «Cela ne fait de mal à personne de hisser le drapeau arc-en-ciel.»
Et en Suisse ?
La question de savoir si un drapeau arc-en-ciel peut flotter sur un bâtiment parlementaire ne se pose pas de cette manière en Suisse. Le Palais fédéral à Berne est soumis à un règlement strict sur le pavoisement, qui ne laisse aucune marge de manœuvre pour des drapeaux symboliques politiques ou sociétaux. Aucun débat public n’a eu lieu jusqu’à présent sur une éventuelle modification de cette règle. Lors d’événements comme la BernPride en revanche, le drapeau arc-en-ciel est omniprésent sur la Place fédérale, directement devant le Palais fédéral, et dans la vieille ville de Berne. La BernPride 2026 aura lieu le 25 juillet – avec un cortège de manifestation dans le centre-ville et un festival sur la Place fédérale.
Texte: Maurice Müller.
Traduit de l’allemand – article paru sur display-magazin.ch.
